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Mariage pluvieux, mariage heureux... !


...Dans ces conditions, nous sommes unis pour la vie avec nos amis Rhénans : nous avons passé une semaine ensemble, et une semaine de pluie !
Hé bien, ce fut une semaine idyllique, en effet. Peut-être pas grâce à la pluie, mais certainement grâce à nos amis de l’Association d’amitié franco-allemande de Cologne, Leverkusen et Bonn : leur région est belle, leur amitié chaleureuse, ils ont tout fait pour nous rendre notre séjour agréable, et ils ont réussi !

A peine arrivés, nous voici embarqués dans un bistrot de Cologne, pour la couleur locale. « Vous ne parlez pas allemand ? » - aucune importance, eux parlent bien le français. D'ailleurs la bière locale (on ne dit pas « ein Bier », mais « une Koelsch », voyons !) a participé très vite à la compréhension mutuelle. Nos verres à peine vides, ils étaient aussitôt remplacés par des verrres pleins et bien frais (c'est la coutume locale, chers amis...).

Le lendemain... heureusement on démarre les excursions très tard chez nos amis Colonais... nous avions donc retrouvé nos esprits pour une longue promenade à pied le long du Rhin à hauteur de Bonn ; toutes les belles villas, occupées il y a peu par tous ceux (fonctionnaires, diplomates, politiques) qui participaient au gouvernement de
l'Allemagne avant sa réunification, avaient un petit air nostalgique sous la pluie. Le Rhin et ses légendes nous accompagnaient. Et nous avons marché et rêvé... Saviez-vous par exemple que Roland (oui, le nôtre, celui de Charlemagne) s'était marié dans ce coin, et que sa belle, le croyant alors mort à la guerre, était allé se cloitrer dans un couvent ? Du haut château qu'il s’était fait construire, il pouvait apercevoir le toit du couvent sur I'autre rive, et il paraît qu'il est mort là sans l'avoir revue... Comment ne pas rêver le long du Rhin brumeux ?

Autre jour, autre ton (mais pas autre climat) : le vendredi, nous étions sur les sentiers du vin rouge de la vallée de l'Ahr, apres Dernau. Mais oui, il y a du bon vin rouge chez nos amis Rhénans - le seul bon vin rouge d’Allemagne, disent-ils. Nous avons marché à côté des vignes pendant des kilomètres, des vignes plantées sur des terrains tellement pentus qu’il faut les attacher de haut en bas du terrain pour qu’elles restent en place. Quant aux vignerons, il doit leur falloir des mollets aussi vigoureux que ceux des randonneurs de l’A.E.P. pour pouvoir les cultiver ! En tout cas, nous avons bu de ce vin rouge dans la petite auberge de montagne, une ancienne ferme, où nous avons mangé, et il était bon: le retour fut donc un peu plus lent que l’aller (mais c'était peut-être à cause de la pluie). En chemin, nous avons vu l’entrée des souterrains que le gouvernement de Bonn s'était fait construire en cas de guerre atomique ; ces souterrains sont bien sûr fermés, et nos amis Rhénans disent, un peu amers, qu'il a fallu beaucoup d'argent pour les construire et maintenant beaucoup pour les fermer ...sans qu'ils aient été utilisés !

Samedi, autre marche. Nous avons (il pleuvait un peu moins) longé la rivière la Rhur, par un chemin élevé sous bois et à travers des prés (et des ruisseaus gonflés qu'il a fallu traverser avec courage et chaussures mouillées), pour aboutir à la Villa Hügel, siège « imperial » de la famille Krupp. Pour nous, le nom de Krupp est associé aux canons qui nous ont bombardés pendant la première guerre mondiale ( « Dicke Bertha» - en I'honneur de Bertha Krupp) ; nous découvrons l'inventeur, le constructeur, le grand industriel - là a vécu une familie puissante qui a largement participé à l'histoire de l'Allemagne et de l'Europe, dans et au-delà des guerres qui, au cours des siècles précédents, nous ont fait tant de mal (massacres ordonnés par Louis XIV, occupation napoléonienne, nazisme...).

Et dimanche, me direz-vous, vous vous êtes enfin reposés ? Pas du tout ! Nous étions venus pour marcher et visiter, n'est-ce-pas ? Nous avons donc visité la montagne de l'Eifel, et marché à travers bois et champs... Mais c'etait tellement gentil, de nous expliquer au passage la formation spéciale des roches volcaniques, ou le canal romain qui approvisionnait Cologne en eau fraîche il y a 2000 ans! Et à 2 heures, à un carrefour dans les bois, on nous attendait avec du café chaud et des gâteaux délicieux. Puis à 6 heures, quand nous arrivons à Mutscheid, le petit village de notre guide, Hans-Josef, c'est l'apéritif et un repas somptueux de salades et de grillades, le tout arrosé de vins minutieusement choisis par notre hôte, et servi par son fils et sa belle-fille. Coment pourrons-nous les remercier ?

Lundi et mardi nous avons visité Cologne et Aix-la-Chapelle. Ce sont deux belles villes; l'une, une grande cité d'un million d'habitants, et l'autre une ville élégante plus proche de notre cité par sa taille, ses thermes, son histoire. Mais n'importe quel bon guide vous en dira plus. Nous avons naturellement acheté de l'eau de Cologne à Cologne, et des chocolats Lindt à Aix, où ils sont fabriqués. Nous avons aussi compris que Charlemagne est pour nos amis un empereur allemand d'abord, et nous avons admiré avec eux sa chapelle et son trône, dans sa capitale d' Aix.

Et le dernier soir, nous avons été invités dans un « restaurant français », un peu alsacien, où nous avons échangé cadeaux, adresses, téléphones, « au revoir » émus et promesses de se retrouver à Aix-en-Provence.

En vérité, ce fut un voyage parfait, grâce à tous ceux qui nous ont reçus, et qui se sont dévoués pour nous, pour notre confort et notre plaisir. Nous avons beaucoup vu et beaucoup appris avec eux. Et si la Provence est la patrie (de naissance ou d'élection) de l’A.E.P., il est toujours bon, utile, agréable, d'apprendre à aimer aussi la patrie des autres, grâce aux échanges que nos animateurs organisent.

 

Germaine Pivasset